Le spirituel et le religieux sont aujourd'hui absents des hautes sphères du pouvoir en Occident. Ainsi les lois, les décrets et de manière générale les décisions prisent par ceux qui gouvernent se retrouvent totalement indépendantes de toutes questions liées à leur légitimité vis-à-vis de l'autorité divine. En effet, le pouvoir en Occident est passé des mains des oratores (fonction sacerdotale) à celles des bellatores (aristocratie) puis à celles des laboratores (ceux qui travaillent). De l'Empire Romain d'Occident jusqu'à la Révolution française en passant par le Moyen Âge ce glissement, ou plutôt ce basculement, s'est opéré en étant vu comme progrès pour les uns et comme décadence pour les autres. En réalité ce basculement n'a fait que s'accentuer depuis les débuts de notre époque contemporaine jusqu'à nos jours. En effet, il semble que les hommes d'Etat d'aujourd'hui se soumettent d'avantages à la conjoncture que leurs ainés et beaucoup moins à de réels principes ou même à une quelconque idéologie politique ou économique. De cela ne résulte qu'instabilité et désordre comme l'avait déjà pensé Confucius dans ses entretiens :
XVI.2. Le Maître dit : «Quand le monde marche dans la Voie, le Fils du Ciel règle lui-même les rites, la musique, les expéditions militaires pour soumettre les feudataires désobéissants. Quand le monde est dévoyé, les vassaux règlent les rites, la musique, les expéditions militaires. Alors les familles des vassaux conservent rarement leur autorité au-delà de dix générations. Lorsque les grands préfets s’emparent du pouvoir, ils le conservent rarement plus de cinq générations. Les intendants des princes ou des grands préfets, devenus à leur tour maîtres du pouvoir, le conservent rarement plus de trois générations. Quand le monde marche dans la Voie, la haute administration n’est pas entre les mains des grands préfets ; les particuliers ne sont pas admis à délibérer sur les affaires d’État.»
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